15 000 euros. C’est le nouveau couperet tombé au 1er janvier 2025 : le seuil du micro-BIC descend pour les locations meublées non professionnelles. Les propriétaires, hier protégés par un régime simplifié, se retrouvent désormais projetés hors de cette zone de confort dès qu’ils franchissent ce montant, voyant s’éloigner la tranquillité fiscale à laquelle ils avaient pris goût.
Le paysage législatif se transforme, et avec lui, les règles de l’amortissement. La loi de finances redessine les contours : plafonds abaissés, calculs ajustés, chaque choix fiscal imprime une direction nouvelle à suivre pour l’année à venir.
Comprendre les nouveaux enjeux du LMNP en 2025 : ce qui change vraiment
Le statut de LMNP entre dans une nouvelle ère. La récente loi de finances secoue le régime micro de la location meublée, abaissant le plafond micro BIC à 15 000 euros de revenus locatifs annuels. De nombreux propriétaires basculent ainsi vers le régime réel, parfois sans l’avoir anticipé. Pourtant, ce régime, moins connu, ouvre la porte à une véritable optimisation fiscale.
Avec le régime réel, chaque dépense compte. Charges de copropriété, intérêts d’emprunt, travaux, frais de gestion : tout s’intègre dans la comptabilité, ligne après ligne. L’amortissement du bien occupe ici une place centrale, réparti sur la durée d’utilisation effective du logement et du mobilier, selon des règles précises. Bilan : la base imposable s’amenuise, et la fiscalité devient bien plus supportable.
Un point d’attention concerne les meublés de tourisme classés. Pour eux, le plafond spécifique de 77 700 euros demeure, mais les contrôles sur la conformité et la réalité de l’activité s’annoncent renforcés. La revente, les abattements liés à la durée de détention, ou encore la gestion en SCI ne sont pas de simples sujets annexes : chaque choix de structure ou de stratégie a un effet direct sur la fiscalité future.
La loi Meur, désormais en vigueur, précise les critères d’accès aux différents régimes et dessine de nouvelles pistes pour réduire l’impôt. Il devient nécessaire d’examiner la nature précise de son activité de location meublée, la typologie des biens et leur durée de détention pour se positionner intelligemment et réagir rapidement face aux prochains ajustements législatifs.
Quel est le montant minimum à amortir ? Focus sur les nouvelles règles
En 2025, la question du montant minimum à amortir prend une tournure inédite. Pour les locations meublées, la base de l’amortissement s’établit désormais sur la valeur d’acquisition du bien, terrain exclu, tout en intégrant le mobilier et l’équipement destiné à la location. La durée d’amortissement s’étire généralement entre 20 et 30 ans pour l’immobilier, et de 5 à 10 ans pour le mobilier.
L’administration fiscale ne fixe pas de plancher chiffré. Seule contrainte réelle : s’appuyer sur une répartition logique et argumentée de la base amortissable. Cela implique de bien distinguer la valeur du terrain (non amortissable) de celle du bâti (amortissable). Pour éviter toute remise en cause, mieux vaut fonder sa ventilation sur des données du marché ou sur des actes notariés solides.
Un point technique à ne pas négliger : le prorata temporis pour la première année. L’amortissement démarre à la mise en location effective, la dotation annuelle devant alors être ajustée en fonction du nombre de mois concernés. Les méthodes d’amortissement acceptées restent limitées : linéaire pour l’immobilier et le mobilier, tandis que l’amortissement dégressif reste hors-jeu pour la location meublée non professionnelle.
| Élément amortissable | Durée d’amortissement (années) |
|---|---|
| Immeuble (hors terrain) | 20 à 30 |
| Mobilier | 5 à 10 |
Pour éviter tout litige, la base d’amortissement et la durée d’utilisation doivent figurer sans ambiguïté dans la comptabilité. Il est recommandé de conserver tous les justificatifs nécessaires : factures, acte d’achat, ventilation précise des montants. Ce sont autant de preuves précieuses en cas de contrôle.
Amortissement et fiscalité : à quoi s’attendre concrètement pour votre location meublée
Le passage au régime réel pour une location meublée non professionnelle (LMNP) change la donne. Le micro-BIC et son abattement forfaitaire appartiennent au passé : l’amortissement reprend toute sa place pour alléger la fiscalité sur les revenus locatifs. Chaque dépense engagée pour entretenir ou valoriser le bien, chaque achat de mobilier, s’intègre désormais dans la construction du résultat imposable.
Le principe, c’est de retrancher toutes les charges déductibles (travaux, intérêts d’emprunt, assurances, taxes) et, chaque année, d’imputer une part calculée de l’amortissement sur la valeur du bien (hors terrain). Cette mécanique permet souvent de réduire, voire d’annuler la base taxable, et même de reporter un déficit sur les années suivantes. Une vraie bouffée d’air, notamment dans les zones où la rentabilité grimpe vite.
Mais il ne faut pas perdre de vue la revente. Contrairement à ce qui se pratique pour les sociétés à l’impôt sur les sociétés, les amortissements ne sont pas réintégrés dans la valeur imposable lors de la cession. La plus-value reste déterminée selon les règles applicables aux particuliers, avec application des abattements pour durée de détention.
Choisir entre régime réel simplifié ou micro-BIC ne s’improvise pas. Il est judicieux d’évaluer la structure de ses charges, la durée de détention prévue, et la projection des revenus locatifs. Un arbitrage à affiner avec un expert-comptable pour éviter toute mauvaise surprise.
Préparer sereinement 2025 : conseils pratiques pour adapter votre stratégie LMNP
Anticipez avec méthode, structurez vos priorités
Basculer vers le régime réel demande une organisation sans faille. Rassemblez toutes les factures, conservez les justificatifs relatifs à chaque dépense de votre location meublée. Dès janvier 2025, un dossier complet vous mettra à l’abri d’écueils et favorisera une optimisation fiscale pleinement maîtrisée.
Quelques actions clés pour gagner en efficacité :
- Réalisez un audit précis de votre patrimoine locatif.
- Calculez la durée d’amortissement adaptée à chaque bien et au mobilier associé.
- Recensez soigneusement les charges récupérables et non récupérables.
Travaillez main dans la main avec votre expert-comptable
La stratégie LMNP dépasse la simple question des charges ou de l’amortissement linéaire. Il faut ajuster le calendrier des investissements, réfléchir à la durée de détention des biens. L’expert-comptable, en analysant vos flux, identifie les leviers à activer et prépare la suite, notamment en cas de revente. Restez attentif aux évolutions réglementaires (diagnostics, dispositifs d’aide, fiscalité) pour ne rien perdre en agilité.
Pensez à l’impact sur la réduction d’impôt et la transmission
Structurer son patrimoine via une SCI, intégrer de nouveaux meubles : ces pistes peuvent renforcer l’optimisation. Chaque choix technique, durée d’amortissement, affectation des biens, classification des charges, influe directement sur la fiscalité annuelle et la rentabilité globale. Mesurez l’adéquation avec votre stratégie patrimoniale et vos ambitions à moyen terme, sans négliger la préparation de la transmission.
En 2025, les règles du jeu changent. S’adapter, c’est garder la main sur la rentabilité et la tranquillité d’esprit. L’anticipation fiscale n’est plus un luxe, c’est une nécessité bien comprise des propriétaires avisés.


