Limiter la location Airbnb au sein de votre copropriété

Frapper à la porte de sa propre copropriété et croiser un nouveau visage chaque semaine : voilà le quotidien de bien des propriétaires lassés par la valse des locations Airbnb. Derrière chaque arrivée, une inconnue. Certains locataires sont discrets, d’autres transforment la cage d’escalier en hall de gare. Les voisins, eux, perdent parfois le sommeil, et la patience.

Interdire totalement la location courte durée à un copropriétaire ? Le sujet divise. Le droit de propriété pèse lourd, il ne se balaie pas d’un revers de main lors d’une assemblée houleuse. Pourtant, devant la multiplication des allées et venues, la tentation de poser des limites gagne du terrain.

Alors, comment encadrer, sans pour autant confisquer, ces usages qui bousculent la vie collective ? Plusieurs leviers existent, à manier avec méthode.

Voici les principales voies envisageables pour limiter les locations Airbnb dans votre immeuble :

  • Certains règlements de copropriété interdisent noir sur blanc les activités commerciales ou la location saisonnière. Dans ces immeubles, la règle est claire : Airbnb et assimilés sont proscrits, sans discussion possible. Les textes priment, la tranquillité est protégée à la source.
  • Dans d’autres cas, les statuts précisent explicitement l’usage des parties privatives. Si le règlement réserve les appartements exclusivement à l’habitation principale ou à l’exercice d’une profession libérale, la location touristique ne trouve pas sa place. Ce n’est pas une question d’interprétation : louer sur Airbnb, ici, c’est contrevenir à la destination prévue de l’immeuble.
  • Mais si les statuts restent silencieux sur le sujet, la question peut être soulevée lors d’une assemblée générale. Il est alors possible de proposer une modification du règlement intérieur pour encadrer les locations de courte durée. Une interdiction totale ne tiendrait pas juridiquement, mais la jurisprudence autorise à bannir les locations répétées, menées à titre professionnel. Pour que cette mesure s’applique, la copropriété doit réunir une majorité renforcée : au moins 75 % des voix des copropriétaires présents ou représentés doivent l’approuver.

Chaque immeuble écrit sa propre histoire avec Airbnb. Certains ferment la porte, d’autres cherchent un compromis. Ce qui se joue ici, bien au-delà des plateformes numériques, c’est la capacité d’un collectif à fixer ses propres règles du jeu. La prochaine assemblée générale pourrait bien changer la donne et redéfinir, pour de bon, la vie en copropriété.

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